Philippe GEISS : « Être performants dès les premières compétitions de qualification olympique »
Alors que nous arrivons au terme de cette année 2025, marquée par plusieurs médailles de nos athlètes tricolores sur la scène internationale, l’intégration d’une nouvelle génération à l’INSEP au mois de septembre, ou bien encore le lancement du CQP Instructeur Fitness by FFHM, notre Directeur Technique National Philippe GEISS dresse le bilan des 12 derniers mois de la fédération et évoque les objectifs à venir pour 2026.
Philippe, quel regard portes-tu sur les performances de l’Equipe de France en 2025 ?
Les résultats sont encourageants. Nos sportifs ont décroché des médailles sur toutes les sorties internationales, avec néanmoins un bémol sur les Juniors (U20). Deuxième point marquant : les sélections se sont étoffées avec davantage de sportifs qui ont pu sortir sous le maillot Bleu Blanc Rouge. Troisième satisfaction, l’état d’esprit constaté, avec des haltérophiles français appliqués et combatifs sur leur plateau. Chez les séniors, l’année s’est terminée sur de bonnes performances, même s’il faut les relativiser car les années post olympiques sont toujours moins denses. Toutefois, ne boudons pas notre plaisir : une médaille mondiale (Romain IMADOUCHENE), ce n’est pas tous les jours !

Romain IMADOUCHENE, médaillé de bronze à l’épaulé-jeté aux Championnats du Monde Seniors 2025 à Førde (NOR) (Crédit photo : FFHM)
Comment évalues-tu la progression de la relève et des jeunes talents ?
Comme je le disais plus haut, en dehors des résultats bruts, ce sont l’engagement, la capacité à assimiler les consignes et la capacité à battre ses records le jour J qui comptent. Globalement les jeunes ont été à la hauteur de leur sélection. Mention spéciale pour la nouvelle génération qui a intégré l’INSEP en septembre : la progression est au rendez-vous et je pense qu’on va le voir de manière encore plus marquée ces prochains mois.

Nouveau collectif INSEP (Crédit photo : FFHM)
Cette année 2025 a également été marqué par le lancement du CQP Instructeur Fitness by FFHM. Quel premier bilan peux-tu dresser à ce jour ?
Pour des raisons stratégiques, d’indépendance et de structuration, j’ai souhaité que l’on reprenne pied dans la mise en œuvre directe de la formation professionnelle. Cette première année nous a permis de démontrer notre expertise dans l’organisation d’une formation aux diplômes pro, toujours plus exigeante en termes de contraintes réglementaires. Ceci dit, nous n’avons pas rempli les promotions comme espéré initialement. La concurrence est rude et nous constatons que notre communication doit se renforcer pour être impactante au-delà de notre périmètre habituel.
Comment la fédération compte accompagner sa mise en œuvre et favoriser son impact pour les sessions à venir ?
L’éligibilité au Compte Personnel de Formation (CPF) doit nous permettre de passer un cap. Idéalement, notre présence sur des évènements dédiés (salons professionnels) et le ciblage de notre communication sur notre offre, peuvent nous aider à être mieux identifiés sur le secteur de la formation professionnelle. Enfin, je considère qu’il y a un gros vivier de jeunes de nos clubs qui souhaitent se professionnaliser. Les clubs vont s’approprier progressivement ce CQP Fitness by FFHM, et cela profitera à leur structuration en retour. J’y crois ! Et nous allons les accompagner dans ce sens.
Depuis plusieurs années, on observe un réel engouement autour des Muscu Challenges, avec un investissement croissant des clubs. En quoi cette action joue-t-elle un rôle clé dans le développement de la musculation en club ?
C’est un concept créé pour favoriser l’animation du plateau Musculation, en offrant des temps de confrontation sportive mais aussi de convivialité et d’inclusion. L’action permet de nous démarquer des salles low cost, en proposant une réelle plus-value éducative, sociale et intergénérationnelle. Je pense néanmoins qu’elle reste largement méconnue et sous-exploitée par beaucoup de clubs.

Session Muscu Challenges au club de l’US Créteil HMF (Crédit photo : US Créteil HMF)
L’année prochaine, le Championnat de France de Musculation reviendra pour une nouvelle édition. Comment inscrire cet événement dans la durée ?
En stabilisant les épreuves et en déplaçant notre énergie sur le développement de l’activité. Ne nous y trompons pas, ce championnat reste une « vitrine » qui doit demeurer qualitative mais plus sobre financièrement. Le format proposé cette année, côté organisationnel, me semble être de la bonne dimension.

Championnat de France de Musculation 2025 à l’Arena CrossFit Fontenay en juillet dernier (Crédit photo : FFHM)
S’il y avait un mot pour définir 2025, lequel choisirais-tu ?
2025 c’est déjà le passé, alors je préfère en proposer un pour 2026 ! Je dirais « AMBITION », car ce mot résume notre état d’esprit et parce que c’est un mélange « d’espoir et de détermination ». Une ambition qui s’affiche sur plusieurs temporalités, et plusieurs secteurs.
Pour conclure, quels sont les objectifs pour l’année 2026 ?
Dur de choisir !
- PERFORMANCE : Être performants dès les premières compétitions de qualification olympique, fin 2026 (top 8 mondial) ;
- FORMATION A LA PERF : Entamer le travail commun avec les clubs formateurs dans l’optique des Championnats d’Europe U15-U17 de 2028 ;
- ACCOMPAGNEMENT DES SPORTIFS : Voir la création de sections sportives scolaires haltérophilie et finaliser la cartographie des SHN en relation avec les classes Sport Etudes ;
- FORMATION PROFESSIONNLLE : Remplir les deux promos annuels de CQP, en partie avec des licenciés de nos clubs.