David LAPOSTOLLE (CAHC Berck) : « L’haltérophilie a toutes les cartes en main pour se développer. »
À la tête du CAHC Berck depuis 2024, David LAPOSTOLLE a repris le flambeau de son père Jean-Claude, fondateur du club en 1981 décédé en décembre 2023. Héritier d’une histoire riche de plus de quarante ans, il poursuit le développement d’un club reconnu pour la qualité de sa formation, son engagement dans l’organisation de grandes compétitions et son esprit familial. Entre transmission des valeurs, accompagnement des jeunes vers le haut niveau et ambition pour l’avenir de l’haltérophilie, il revient sur le parcours du club du Pas-de-Calais et partage sa vision de la discipline.
David, pouvez-vous présenter le CAHC Berck en quelques mots ?
Bonjour ! Nous sommes situés sur la Côte d’Opale, dans le Nord de la France (Pas-de-Calais), le club possède une bonne section Haltérophilie, mais développe également d’autres activités : Force Athlétique, Musculation et Cross-training. Notre objectif est de rendre ces disciplines accessibles dans une ambiance conviviale, tout en accompagnant chacun vers ses objectifs, qu’ils soient sportifs, de santé ou de performance.
Quelle est l’histoire du club et quelles sont les grandes étapes de son développement ?
Le club a été créé en 1981 par mon papa, Jean Claude LAPOSTOLLE, qui a tenu la barre pendant près de 40 ans. En 2000, le club a organisé le Gala des Champions, en coopération avec le Comité du Pas-de-Calais, événement qui a rassemblé plus de 1 000 spectateurs (avec une entrée payante).
En 2004, une section UNSS Haltérophilie est créée au lycée Lavezzari, situé à seulement 400 mètres du club. Mise en place par M. MORONVAL, elle permet de renforcer les liens entre l’établissement scolaire et le club, contribuant ainsi au développement de la pratique de l’haltérophilie.
Jean Claude LAPOSTOLLE, Président du CAHC Berck de 1981 à 2023 (Crédit photo : CAHC Berck)
A l’occasion des Jeux Olympiques de Londres en 2012, le CAHC bénéficie de la construction d’une nouvelle salle, inaugurée en novembre 2010. Ce nouvel équipement offre 660 m² entièrement dédiés à la pratique de l’haltérophilie et de la musculation. Après plusieurs Finales Nationales (Grand Prix Fédéral en 2010, France UNSS en 2006 et 2012, les Championnats de France Masters en 2013, et les Championnats de France Minimes en 2015), le club est sollicité pour l’organisation des Championnats d’Europe Open Handisport en 2018. 250 athlètes venus de 40 pays, deux ans de travail, une barre placée très haute de par la complexité de l’organisation… cette compétition s’est révélée une vraie réussite !
En 2024, suite à la disparition de Jean Claude, j’ai récupéré la présidence du club, je ne me voyais pas ne pas continuer son projet et abandonner le club qu’il avait mis tant de temps à construire.
Enfin, l’an passé, le club a obtenu pour la première fois le Label Ecole d’haltéro, preuve du dynamisme local, des résultats des jeunes et du travail des entraîneurs.
Quelles sont les valeurs qui animent le club au quotidien ?
Je pense que cela est un peu pareil dans tous les clubs. Le sport (et l’haltérophilie encore plus), demande de la rigueur, du travail, de l’humilité et du sérieux. C’est ce que je m’efforce de transmettre, en particulier aux jeunes du club. De plus, j’essaye d’y instaurer un vrai esprit familial en organisant d’autres activités que simplement l’haltérophilie : repas, soirées, randonnées, activités d’extérieur, etc. Les adhérents savent qu’ils peuvent compter sur les membres du club en cas de soucis.
Licenciés du CAHC Berck (Crédit photo : CAHC Berck)
Comment décririez-vous la dynamique de notre pratique dans la région ces dernières années ?
La dynamique est très bonne ! Nous avons la chance d’avoir beaucoup de clubs, remplis de jeunes motivés. La Ligue Hauts-de-France est active et organise de nombreux stages dans l’année et ça se répercute sur la bonne ambiance chez les jeunes qui se tirent vers le haut à chaque compétition. C’est une région forte en pratique et je crois que nous sommes la plus grosse ligue en terme de licenciés. Entre les clubs également, l’ambiance est très bonne, et les clubs savent se regrouper lors des grosses organisations. Quand il faut aider, on sait qu’on peut compter sur la Ligue !
Comment accompagnez-vous les jeunes vers le haut niveau ?
Au sein de notre club, la plupart des jeunes découvrent l’haltérophilie au lycée. Bien que ce soit un démarrage relativement tardif, je pense que c’est l’une des meilleures périodes pour démarrer l’haltérophilie. Le club étant ouvert presque toute la journée, les jeunes peuvent venir s’entraîner même pendant une heure de « trou ». C’est plus pratique pour eux et cela permet aussi parfois de couper la journée de cours.
En terme d’accompagnement, j’essaie de mettre le jeune au centre de sa pratique et de son projet, en lui faisant comprendre les bases de l’entraînement, en donnant des principes de nutrition, de récupération, d’hygiène de vie, et surtout en essayant d’harmoniser la pratique sportive et éducative (« ne mets pas les cours de coté »). Quand le niveau du pratiquant l’exige, je bascule sur un entraînement plus poussé et plus individualisé.
Julie ROUSSEL fait partie de cette nouvelle génération qui porte haut les couleurs du club. En 2025, elle a honoré sa première sélection en Équipe de France Jeunes lors des Championnats d’Europe U20-U23 en Albanie. On imagine que c’est une belle récompense pour son travail et une immense fierté pour le club ?
Nous sommes très fiers ! C’est la première fois qu’une athlète du club concourt sur une compétition internationale de cette ampleur. Julie a démarré l’haltérophilie sur le tard à 16 ans, mais a rapidement progressé au sein du club. Dotée de solides qualités d’abnégation et de concentration, elle a vite compris que pour progresser, elle devait s’entraîner intensément et intelligemment. Depuis deux ans, elle fait partie du CLE d’Amiens et s’entraîne là-bas en semaine. Les jeunes du club sont toujours heureux de partager un entrainement avec elle le week-end ! Cette année, on croise les doigts pour une sélection en 57kg !
Julie ROUSSEL, au test match de Chelles en août 2025 (Crédit photo : Philippe DENIS)
Quels sont les principaux projets du club pour les mois ou les années à venir ?
Pour l’instant, nous préparons la saison qui arrive. Plusieurs nouveautés seront lancées à la rentrée de septembre, des cours collectifs principalement.
La salle attenante dans laquelle nous organisons des compétitions a été rénovée complètement et nous attendons les feux verts pour pouvoir ré-organiser une grosse finale à l’intérieur ! En parallèle, nous aimerions beaucoup développer tout ce qui tourne autour du sport santé.
Quel regard portez-vous sur l’évolution de l’haltérophilie en France ?
Je pense que nous sommes à un tournant. L’haltérophilie a toutes les cartes en mains pour se développer. C’est un sport à part entière, qui demande des qualités rares dans l’époque actuelle. Physiquement, quand on voit les problèmes de posture, de dos, de malnutrition, l’évolution de l’obésité, je pense que la pratique d’un sport ne peut être que positive face à tous ces maux. Socialement, je pense qu’à l’heure de l’IA et du « tout réseaux sociaux », le public va chercher de plus en plus à retourner à quelque chose de réel et d’authentique. Les chiffres montrent une évolution positive mais lente. Je pense que l’haltérophilie peut vraiment apporter quelque chose de plus au paysage sportif français. A nous de nous doter des moyens de nos ambitions !
Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite découvrir l’haltérophilie ou rejoindre un club comme le vôtre ?
Lance toi ! L’haltérophilie va changer ta vie et te doter de solides qualités physiques et mentales pour affronter la vie de tous les jours. De plus, c’est un sport facilement quantifiable, tu peux mesurer la progression de jour en jour et c’est toujours très plaisant à suivre !


