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La vie des clubs et des ligues

CHM Plouhinec – Pointe du Raz : un club en pleine croissance entre performance, santé et inclusion

Fondé en 1994 avec une vingtaine d’adhérents majoritairement haltérophiles, le club CHM Plouhinec – Pointe du Raz en Bretagne n’a cessé de se développer au fil des années. L’évolution de ses infrastructures, notamment depuis 2003 puis l’agrandissement complet en 2012, a accompagné une forte croissance de ses effectifs, qui dépassent aujourd’hui les 460 licenciés. Accueillant un public très diversifié, de 6 à 87 ans, la structure qui accueillera le Trophée National U13 fin juin, propose à la fois de la compétition, du sport santé et de la préparation physique, et bénéficie alors des labels École d’Haltéro, Coaching Musculation et Handicap Inclusion. Dans un long entretien, Dylan CHAVRY, directeur administratif et sportif du club, revient en détail sur l’évolution du club et son développement.

Qu’est-ce qui fait l’identité du CHM Plouhinec – Pointe du Raz aujourd’hui ? Quel a été un moment charnière dans l’histoire du club ?

La cohésion, l’entraide et l’échange ! Tout le monde est bienveillant envers l’autre. Les anciens peuvent s’entrainer avec les plus jeunes, il n’y a pas de niveau, pas de prérequis, tout le monde y trouve sa place. Le club est un acteur associatif important du Cap-Sizun et permet également de créer du lien social. En ce qui concerne le moment charnière, c’est lorsque nous avons embauché deux personnes à temps plein avec la récupération de l’entièreté de la salle, qui nous a permis de nous développer bien plus. Aujourd’hui, tout n’est qu’une question d’organisation, mais j’ai de la chance d’être aidé par le trésorier Jean-Pierre Dolot dans la gestion du club (qui a créé le club et l’a présidé pendant plus de 30 ans), ainsi qu’Alexandre qui m’épaule dans l’association dans la gestion des coachings et cours collectifs.

Comment est organisée votre équipe aujourd’hui (bénévoles, salariés, rôles…) ?

Je m’occupe de la partie entrainements/compétitions en haltérophilie avec l’aide de Jean-Pierre dans l’encadrement/arbitrage. Côté musculation, nous sommes deux avec Alexandre (accueil, coaching, cours-co), je m’occupe pour ma part de la partie compétition. Pour ce qui est de l’organisation des compétitions, nous pouvons compter sur les adhérents du club à chaque fois.

 

Alexandre BOUGET et Dylan CHAVRY (Crédit photo : CHM Plouhinec – Pointe du Raz)

 

Quels sont vos principaux axes de développement ces dernières années ?

Les jeunes en haltérophilie sont un véritable fer de lance. Du côté musculation, nous avons le sport-santé et ce depuis maintenant 10 ans au club. Le professionnalisme de nos prestations. Nous sommes deux coachs formés et compétents, ce qui permet de proposer des cours et accompagnements variés et qualitatifs.

Quels outils ou méthodes utilisez-vous pour structurer votre fonctionnement ?

L’échange et l’écoute. Avec Alexandre, nous esseyons constamment de faire évoluer la pratique au sein du club on fait remonter nos idées au bureau. Dans l’ensemble des actions à entreprendre et à mener on est assez libre. Nous sommes au cœur de l’action tous les jours, nous sommes au plus près des adhérents, ce qui nous permet de récolter les besoins et attentes de chacun. Nous avons une ligne de conduite que l’on respectera toujours : être une association accessible avec une qualité de service au top dans tous les domaines ; être compétent ok, mais avec un savoir-être, c’est encore mieux ; être compréhensif lorsque c’est nécessaire, sans pour autant accorder de passe-droit ; poser un cadre clair avec des règles strictes, afin d’assurer une cohérence entre ce qui est annoncé et ce qui est appliqué ; rester avant tout humain, car l’objectif est que l’association conserve son ambiance familiale et ne devienne pas une « usine à adhérents ».

Comment votre club fait pour proposer de l’haltérophilie de bon niveau ainsi qu’une offre de musculation aussi varié et comment ses disciplines s’inscrivent-elles dans la vie de votre club ?

Nous proposons une amplitude horaire assez large (9h00-20h00) avec des créneaux spécifiques, en étant formés continuellement ainsi qu’en étant présent sur les séances d’entrainements, en privilégiant la qualité à la quantité notamment chez les plus jeunes. 

L’haltérophilie est au cœur de la création du club. Bien qu’elle ne représente que 6 % des adhésions, c’est elle qui permet au club de rayonner au niveau national, de participer à des compétitions et d’y associer, bénévolement, les adhérents en musculation. Et ils apprécient particulièrement. En haltérophilie, je mets en place des entraînements personnalisés pour les compétiteurs les plus aguerris. Pour les plus jeunes, je propose des séances collectives avec des adaptations si nécessaire, et pour les tout-petits (6–8 ans), des séances ludiques adaptées à leur âge. En cours collectifs, j’essaye toujours de placer quelques mouvements d’haltérophilie sur les cross-training ou les HIIT. Nous sommes toujours attentifs et à l’écoute de chacun, en proposant un suivi de l’entrainement de qualité, en assurant moi-même la préparation physique des athlètes, et en prévenant les blessures quand c’est possible. 

 

Equipe jeune du club (Crédit photo : CHM Plouhinec – Pointe du Raz)

 

Au sujet de la musculation, elle nous permet de vivre et d’avoir deux salariés aujourd’hui. Elle est partie intégrante de l’association. Nous accueillons tous les profils : du loisir au sport santé, en passant par la remise en forme, la préparation physique et le bien-être. Actuellement, il y a qu’une seule offre incluant coaching, cours collectifs, accès à la salle sans restriction et toujours avec la présence d’un coach diplômé. Nous sommes avec Alexandre diplômés BP JEPS AGFF, sport santé. J’ai en plus un DE JEPS HMFA, ce qui nous permet de nous répartir les différents coaching et cours collectifs.

 

Equipe du CHM Plouhinec – Pointe du Raz au Championnat de France de Musculation 2024 (Crédit photo : FFHM)

 

Qu’est-ce qui différencie votre approche de la musculation par rapport à une salle “classique” ?

Encore une fois, notre professionnalisme. Notre adhésion reste très accessible et nos accompagnements sont individualisés. Nous reprenons toujours un mauvais placement, une mauvaise posture. Nous conseillons quand c’est nécessaire, nous ne refusons personne et trouvons toujours une solution pour permettre à n’importe qui de venir s’entrainer en toute sécurité et encadré.

Concrètement, à quoi ressemble une semaine type au club ?

Une semaine type, ce sont des coachings de tout type entourant des cours collectifs animé par mon collège Alexandre et moi-même. Un entrainement d’haltérophilie le mercredi après-midi, le vendredi après-midi et le samedi matin pour l’école d’haltérophilie, et à la demande pour tous les autres athlètes.

 

Séance Body Silhouette (Crédit photo : CHM Plouhinec – Pointe du Raz)

 

Quel type de profil vous marque le plus chez vos adhérents ? Est-ce qu’il y a une histoire de pratiquant qui vous a particulièrement touché ?

Le profil +80 ans qui progresse encore ! Je trouve ça incroyable ! Certains ont une résilience à tout épreuve. Une chute avec cervical broyé à 86 ans ? Aucun problème pour Michel, reprise du cross training un an plus tard. Une chute sur l’épaule pour Marcel et une coiffe des rotateurs partiellement déchirée ? Même combat ! Un bras qui ne se levait plus, et déjà des progrès au bout de trois mois. Cinq mois plus tard, le bras se lève quasiment jusqu’en haut. Ces personnes sont de véritables exemples. Il y a cet adhérent atteint de Parkinson avec un déficit moteur, l’obligeant l’arrêt total du vélo et de la moto. Après plusieurs semaines de pratique (coaching puis cours de cross-training) il a pu reprendre les deux. Son travail lui a permis de limiter son déficit moteur, de renforcer son côté faible.

Vous avez également développé des actions en sport-santé. A partir de quel moment ?

En 2016, depuis ma formation avec l’ARS de Bretagne. Nous accueillons tout type de public : personnes sédentaires, souffrant de troubles musculosquelettiques, de maladies cardiovasculaires, en reprise d’activité, atteintes de diabète, en situation de surpoids, touchées par un cancer ou des maladies respiratoires, ainsi que certaines maladies neurologiques (Parkinson, sclérose en plaques…). Nous sommes en relation avec la Maison Sport-Santé de Cornouaille ainsi que l’antenne du Cap-Sizun. Nous travaillons également en relation avec plusieurs kinésithérapeutes. Après un entretien et des tests sur les capacités physiques, nous avons proposé des exercices adaptés au profil du pratiquant avec des augmentations progressives des niveau de difficulté et/ou des charges. Après plusieurs semaines de travail, les tests réalisés auprès des adhérents montrent à chaque fois une évolution significative. Tout ce processus encourage et motive nos adhérents même les plus atteints.

Concernant l’accueil des personnes en situation de handicap, qu’est-ce que cela apporte au club, tant sur le plan humain que dans sa dynamique ?

Nous accueillons l’ESAT (établissement et service d‘accompagnement par le travail) de Landudec une fois par semaine le mardi matin. Cela permet aux personnes en situation de handicap de pratiquer au même titre que les personnes sans handicap, d’être mises sur un pied d’égalité. Pas de différence, pas de comparaison, tout le monde travaille au même niveau. Les adhérents trouvent une certaine motivation dans la résilience de ces personnes. La demande de l’ESAT nous a fait franchir ce cap.

Est-ce que vous avez le sentiment de changer quelque chose pour certaines personnes ?

Oui, pour certaines personnes nous améliorons leur confort de vie ainsi que leur mobilité au quotidien. Pour d’autres, nous leur permettons de se vider la tête après une journée de travail, ou encore nous apportons la motivation nécessaire pour avancer dans leurs objectifs. Nous avons le sentiment d’être écouté sur les séances et c’est très appréciable. Ce qui me rend le plus fier, c’est la fidélité et l’engagement des adhérents. Voir des personnes progresser, s’épanouir, et surtout créer du lien entre elles, c’est ce qui fait vraiment la richesse du club. Nous sommes fiers de l’ambiance autant que du niveau sportif. Le sport est le point de départ, mais ce sont les relations humaines et l’ambiance qui font rester les gens.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un club qui veut se développer comme le vôtre ?

Ne cherchez pas à grandir trop vite au détriment de votre identité. Structurez-vous progressivement, entourez-vous de personnes fiables et partageant les mêmes valeurs, et surtout restez à l’écoute de vos adhérents. La qualité de prise en charge « adhérent » doit toujours primer sur la quantité. En musculation et en sport santé, il ne faut pas trop chercher à se diversifier au risque de se perdre dans la pratique. Lorsqu’une approche fonctionne, il est préférable de la perfectionner au maximum. Une fois qu’elle est optimisée, il est alors possible de se diversifier en explorant de nouvelles pistes. Pour l’haltérophilie, il est essentiel de proposer des contenus attractifs pour un public néophyte et/ou jeune. Cela passe par la mise en place d’animations et d’actions dans les écoles, collèges et lycées, afin de gagner en visibilité et de développer la pratique le plus largement possible. Un club ne doit pas être uniquement un lieu d’entraînement. Il doit accompagner, encadrer, créer du lien social et contribuer au bien-être physique et mental. C’est un acteur local qui a un vrai rôle éducatif et social.

Si vous deviez convaincre un jeune de franchir la porte du club, que lui diriez-vous ?

Viens essayer, tu seras accueilli comme tu es. Ici, personne ne te juge, tout le monde t’aide à progresser, et tu trouveras rapidement ta place, que tu viennes pour te défouler, te dépasser ou juste partager un bon moment.

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