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Haltérophilie – Musculation – Santé & Handicap

Entretien avec Daniel CASSIAU, chargé du développement de l’Haltérophilie-Musculation-Santé et Handicap

Ancien athlète de l’Equipe de France ayant participé aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984, Daniel CASSIAU a rejoint la FFHM en novembre 2024 en tant que chargé de développement de l’Haltérophilie-Musculation-Santé et Handicap. L’actuel président du Cercle Michelet Orléans revient dans un long entretien sur son parcours, ses missions, les actions mises en place ces derniers mois, ainsi que sur les partenariats avec les professionnels médicaux et paramédicaux qui visent à renforcer l’impact de la fédération.

Daniel, avant de rejoindre récemment la fédération en tant que chargé de développement de l’haltérophilie – musculation – santé & handicap, tu as eu une longue carrière en tant qu’haltérophile, marquée notamment par ta participation aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984. Peux-tu retracer les grandes étapes de ton parcours, sportif et professionnel, jusqu’à ton arrivée à la FFHM ?

J’ai commencé l’haltérophilie à l’âge de 15 ans à Évreux, en Normandie. Dans mon quartier de La Madeleine, que l’on qualifierait aujourd’hui de « prioritaire », il n’y avait pas beaucoup d’offres sportives à cette époque, en 1976, mis à part le football et la boxe anglaise. Étant attiré par un sport individuel plutôt que par un sport d’équipe, je me suis inscrit à la boxe anglaise. À ce moment-là, il semblait que j’avais de bonnes qualités de base et, au club, il y avait un boxeur un peu plus âgé que moi qui était champion régional. Je me suis dit que, s’il fallait un jour l’affronter, j’avais intérêt à muscler mes 50 kg. J’ai donc profité de cette interruption de la boxe pour aller m’inscrire au club d’haltérophilie qui se trouvait en ville. J’ai cependant dû attendre plusieurs mois jusqu’à mon anniversaire, le 21 février, pour pouvoir m’inscrire, mon cadeau étant constitué des 50 francs nécessaires. J’étais passé voir cette salle auparavant : « oh ! juste un plateau de 4 m sur 4 m ». Il était entouré d’un espace d’environ 2 mètres de large sur lequel étaient posés des supports à squats et quelques autres matériels de musculation. Un poids de 5 kg traînait par terre. J’ai voulu le ramasser et je me le suis laissé tomber sur le gros orteil, ce qui m’a fait horriblement mal. Cela ne m’a pas découragé puisque je me suis donc inscrit quelque temps plus tard.

Très vite j’ai été pris en charge par le Président-Entraîneur du club, André SIMONET, 45 ans, qui avait réalisé une carrière de poids lourd en haltérophilie, laquelle l’avait conduit jusqu’aux Championnats de France au gymnase JAPY à Paris quelques années auparavant. A cette époque il pratiquait au club de Vernon, sous la gouvernance de Bernard RENAULT (le papa du Dr. Alain RENAULT qui fait partie de notre groupe Haltérophilie – Musculation – Santé et Handicap), figure de notre sport à cette époque. J’ai vite été pris sous la coupe d’André, qui avait décelé quelques qualités chez moi et qui est devenu comme mon père adoptif.

De mon côté j’ai très vite réussi en haltérophilie, me qualifiant pour les Championnats de France cadet la saison d’après (2ème), puis étant sélectionné en Equipe de France et battant les records de France en fin d’année avec 80 et 95 kg en 52 kg cadet (poids « mouche » de l’époque). Une réussite qui m’a offert, à moi qui étais presque toujours resté à Évreux, l’occasion de voyager. J’ai notamment pu me rendre à Lyon pour les Championnats de France et au Portugal pour ma première sélection internationale aux côtés de Bruno MAIER, Philippe DEROP et Jean-Christophe PATERNI. Ces expériences n’ont fait que renforcer ma motivation et ont marqué le véritable lancement de ma carrière d’haltérophile.

Mon entraîneur d’haltérophilie a été secondé par notre CTR de l’époque Alain RENAULT, qui n’était pas encore médecin, ainsi que par Rolph MAIER lors des stages de zone à Amiens, où s’entraînaient Daniel SENET, notre grand champion de l’époque, Christian BEEKUIZEN, entraîneur national des cadets et juniors, et Aimé TERME, respectivement entraîneurs nationaux des cadets-juniors et de l’Equipe de France Senior.

J’ai été champion et recordman de France en 60 kg cadets : 102,5 + 125 kg, puis 120 et 145 kg en poids légers juniors. J’ai été sélectionné pour différentes compétitions internationales, dont les Championnats du Monde Juniors à Debrecen en 1979 et à Montréal en 1980. J’ai ensuite connu un petit coup d’arrêt lors de ma première année de médecine à Rouen, puis en tant qu’élève infirmier psychiatrique, avant d’intégrer la filière de formation de kinésithérapeute à l’Institut de Saint-Maurice, près de l’INSEP, où j’ai résidé. L’INSEP, ce temple du sport français, m’a beaucoup appris au contact de tous les champions des autres disciplines.

Je me suis ensuite consacré à ma vie professionnelle de kinésithérapeute en cabinet libéral à Créteil, où j’avais terminé ma carrière sportive. En parallèle, je suis devenu entraîneur pendant deux ans, puis président du club. À cette époque, nous avons été le premier club de France, remportant toutes les principales compétitions par équipe. 

La vie m’a ensuite conduit en 1997 à Orléans, où rattrapé par l’haltérophilie — ou plutôt par les haltérophiles locaux —, je suis devenu président du Cercle Michelet Haltérophilie – Musculation, nom du club auquel nous avons rapidement ajouté le terme « santé ». En effet, à cette époque, nous avons commencé à développer, avec en fer de lance Christine BOURGE, l’une de nos masters, les premiers programmes « santé », dont la Prévention de l’Ostéoporose, en partenariat avec le centre hospitalier régional d’Orléans et le service IPROS (Institut de Prévention et de Recherche sur l’Ostéoporose). Des femmes licenciées de notre club, âgées de 60 à 70 ans, réalisaient chaque année, parallèlement à deux séances d’haltérophilie par semaine, un test de densitométrie osseuse annuel.

Dès 2009, nous avons amélioré et mis en place ce programme d’entraînement avec Philippe GEISS, alors nouveau salarié de notre fédération et actuel Directeur Technique National, pour le rendre accessible à tous les clubs affiliés. Parallèlement aux actions « santé », j’ai souhaité développer l’haltérophilie à Orléans pour les jeunes des quartiers, afin de leur faire découvrir de nouvelles perspectives et, comme je l’avais moi-même vécu, les aider à évoluer. 

Quelques mois avant les élections fédérales de novembre 2024, notre président actuel Michel RAYNAUD m’a demandé si je voulais intégrer son équipe. Comme il souhaitait que chaque membre s’occupe d’un secteur, j’ai choisi celui de la santé et du handicap.

Quelles sont tes missions au sein de la Commission Haltérophilie – Musculation – Santé et Handicap ?

Mon rôle est de mettre en évidence les bienfaits de nos pratiques sportives pour la santé et le handicap, tant au sein des clubs de notre fédération qu’à l’extérieur, afin de nous faire reconnaître et de développer ces pratiques. Cela conduit à un enrichissement technique et humain pour toutes les parties, favorisant l’inclusion, et contribue également à augmenter le nombre de nos licenciés, renforçant notre fédération et, par effet de retour, nos différentes actions.

 

Premier stand d’information de la commission Haltérophilie-Musculation-Santé et Handicap de la FFHM
à l’occasion des Championnats de France Masters 2025 à Besançon en avril 2025

 

En quoi l’haltérophilie et la musculation peuvent-elles contribuer à la santé publique ?  

Une quantité d’études démontrent le rôle important de toute activités physique pour la prévention mais aussi pour l’amélioration des problèmes de santé. Le renforcement musculaire joue un rôle considérable, et notre discipline sportive l’haltérophilie – musculation en est la spécialiste. Vous pouvez retrouver les différents articles parus dans notre rubrique Haltérophilie – Musculation – Santé & Handicap, qui évoquent les cancers, la longévité, l’ostéoporose, les problèmes de dos, les surpoids, la santé mentale, etc.

Quelles actions ont été mises en place au cours de ces derniers mois ? 

Plusieurs actions ont vu le jour :

  • Mise en place rubrique Haltérophilie – Musculation – Santé & Handicap sur notre site fédéral, proposant pour tous les éducateurs de nos clubs et pour nos licenciés des programmes santé et un programme handicap, des moyens de communication, des modèles de convention.
  • Elaboration d’outils kakemonos, affiches, que l’on retrouve dans la boutique fédéral à disposition des clubs.
  • Constitution d’un groupe de réflexion et de travail en plus de notre commission nationale.
  • Stand sur les Finales Nationales pour informer, conseiller, et répondre aux questions des représentants de nos clubs.
  • Rédaction régulière d’articles santé handicap, afin de familiariser nos clubs et de rappeler rubrique. Nous calons ces articles dans la mesure du possible sur des grands évènement caritatifs tels que Octobre Rose, Movember, ou encore le Téléthon, pour profiter de la dynamique nationale.

A noter que d’autres programmes vont être mis en place prochainement, dont un très important dans les semaines à venir.

Programmes Haltérophilie – Musculation – Santé & Handicap

 

Quels types de professionnels médicaux ou paramédicaux mobilises-tu au sein des différents projets, et quels rôles spécifiques jouent-ils dans leur mise en œuvre ?

Notre groupe de travail rassemble des professionnels variés : médecins généralistes et spécialistes (auteurs de certains de nos articles publiés), ergothérapeutes, éducateurs sportifs spécialisés dans le handicap, kinésithérapeutes et ostéopathes. Il joue un rôle de conseil et de réflexion, participe à la relecture et à l’amélioration de nos articles et programmes, et contribue à la rédaction de nouveaux contenus. Parmi ses membres figurent également des cadres techniques nationaux et des éducateurs sportifs, dont certains sont formés en tant que Coach Muscu Santé au sein de notre fédération.

Quelles priorités as-tu fixées aujourd’hui avec les membres de ta commission pour renforcer l’impact de la fédération sur la santé et le handicap ?

Il y en a un grand nombre :

  • Continuer le travail accompli dans l’élaboration de programmes santé spécifiques santé ;
  • Continuer la rédaction d’articles pour tous nos clubs, mais aussi pour les personnes extérieures qui peuvent consulter notre site, ces articles figurant dans sa partie publique et le valorisant.
  • Mise en place de conventions avec les deux fédérations s’occupant des personnes en situation de handicap, la FFH et la FFSA, avec l’association 1er de cordée s’occupant d’activité pour enfants et adolescents hospitalisés.
  • Aider, rebondir, conforter des actions de certains clubs, départements ou ligues comme celle mise en place récemment avec le Centre Hospitalier d’Angers.
  • Mettre en place une formation éducateurs handicap en partenariat avec la FFH et la FFSA.
  • Aider les clubs à se référencer dans l’handiguide
  • Des actions nationales et colloques sont à l’étude, ainsi que des animations avec les fédérations avec lesquelles nous sommes conventionnés.

 

Retrouvez notre rubrique Haltérophilie – Musculation – Santé & Handicap sur le site fédéral, ainsi que nos contenus pédagogiques sur Halter’Action, au service des clubs, éducateurs et pratiquants.

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